Modernité. Rallongement de l’espérance de vie. Oui mais quelle vie ? Quelle vie lorsque l’on est presque plus rien ? Elle est belle la statistique qui dit que l’âge de mortalité ne cesse de reculer. Oui, elle est belle mais il faut voir dans quelle condition se fait ce rallongement.
Court, moyen, long séjour, vous savez ce que cela signifie ? Non ? Eh bien ce sont des maisons de retraite avec des degrés d’autonomie moindre plus l’on va vers le long séjour. Changeons de nom pour ce dernier, mouroir conviendrait beaucoup mieux. Ou lieu on l’entend crier à la mort. On y " entrepose" des personnes pendant un an, deux ans , cinq ans… en état de "légumes" mais bon l’espérance de vie est augmenté, alors ça va, tout va bien et puis c’est normal, nous sommes un pays riche, évolué…
En même temps, que faire d’autres pour les proches, la famille ? Alors, on se raccroche à l’idée complètement saugrenue que peut être ça va aller mieux. Eh, pas besoin d’avoir fait doctorat en médecine pour savoir que c’est complètement utopique !! Je ne suis pas spécialement pour l’euthanasie mais parfois, on peut se poser la question...
Et si encore, tout était fait pour que peut être ça aille mieux mais comment avec le personnel actuel où, par exemple, il n’y a qu’une seule (oui, une pas deux ) infirmière pour tout un hôpital, un dimanche ? Plus d’une centaine de malade, classique…Et cela pratiquement partout ! Et puis forcer (en semaine, hein) les personnes à les faire marcher, les forcer à manger eux-même (mais c’est tellement plus rapide de leur donner à manger) c’est trop demander ? C’est vrai qu’une fois en état de "marionnette", on est plus tranquille…Les familles font ce qu’elle peuvent pendant leur visite mais elles ont aussi une vie, alors elle ne peuvent pas venir tous les jours (et là encore je ne parle pas de ceux qui n’ont pratiquement jamais de visite).
Ce post n’a pas pour but de démontrer le manque de personnel hospitalier qui fait sans doute ce qu’il peut et souvent avec le sourire (Et là, chapeau bas) mais de montrer en quoi correspond souvent l’augmentation de l’espérance de vie. Ma grand-mère ne méritait pas (mais qui le mérite, me direz-vous ?) ces 4 dernières années de sa vie, j’aurai préféré, au risque de choquer, aller bien plus tôt à son enterrement que j’attendais depuis longtemps mais bon, paraît –il que 89 ans c’est beau, alors…
Comment le dire ? Comment m’exprimer face à la détresse d’une personne qui sait si bien refléter ses sentiments et peurs à travers l’écriture? Dire que quelques lignes, quelques mots ont suffit pour me bouleverser, de dire que je suis de tout mon cœur avec cette personne, de dire ( mais je sais, c'est une phrase classique mais elle est sincère) qu’elle peut compter sur moi en toute circonstance. Je ne l’ai vu que deux fois, grâce à une amie commune, mais même sans l’avoir jamais vu, j’aurai été touché. Pourtant, je ne suis pas fondamentalement inquiet, je sais que ce n’est qu’une étape, malheureusement indispensable, et qu’après la pluie viendra le beau temps ! Cela peut sembler facile de dire cela, mais je le pense et je suis même sûr qu’après elle sera plus forte que jamais, presque (car il faut un presque) indestructible. Alors vivement le soleil, Cass… la fabulation 17:32
dimanche, mai 18, 2003
Quelques mots....
Parfois, il suffit d’un rien, une phrase ou seulement quelques mots d’amis ou de parents qui vous blesse, au fond de vous-même. Des paroles pas dites avec méchanceté, mais que la personne qui les a dite ne sait pas rendu compte de l’impact qu’elles avaient sur vous. Alors, soit on rétorque soit on se tait car l’on sait que ce n’était pas voulu, "l’état" dans lesquelles vous a plongé ces quelques mots. Moi, j’ai choisi cette deuxième solution car à quoi bon protester ? On dit qu’il n’y a que la vérité qui blesse, c’est sûrement vrai, il faut se rendre à l’évidence (ce que je sais), il n’empêche…